En complément de ma note du 19 janvier dernier sur le sculpteur métal Florent Poujade, je souhaitais publier une réflexion d'Agnès Szenk, amoureuse, elle aussi, du travail de ce ferronnier d'art.
"Florent Poujade : les métamorphoses de l’âme d’acier
A la recherche de l’inspiration (quelques mots sur l’artiste)
L’univers de Florent Poujade est celui de la transformation.
Sa créativité spontanée trouve l’inspiration dans les formes les plus inattendues, celles de débris métalliques. Il s’attaque à leur laideur et instinctivement réussit à les faire flamboyer de beauté.
Dix-huit expositions se sont succédé et de nombreux ensembles de mobilier sont devenus indissociables de lieux qu’ils occupent (le restaurant du Grand Hôtel Mercure « Le Touquet » ou la salle de spectacle « Divan du Monde » à Paris). Des sculptures en plein air et des éléments décoratifs donnent leur caractère unique à plusieurs résidences situées dans la région d’Angoulême.
Partout où se trouvent les créations de Florent Poujade, elles captent notre attention et nous emmènent, le temps du regard, vers un monde merveilleux.
La matière ancestrale (le créateur au travail)
Les créations de Florent Poujade nous transportent au fond des âges, là où l’humanité cherchait déjà, il y a des millénaires, son inspiration dans le quotidien et l’utilitaire : le bois, l’os, le fer et le feu.
Le métal d’abord. Ingrat, il a déjà servi et plus personne n’en veut. Trouvé tordu et souffrant, abandonné chez le ferrailleur ; les déchets lourds, les pièces à jamais détachées, les bouts de métal tordus, la tôle froissée. Autres ressources : les bois d’un cerf, les cornes d’un taureau, un crâne. Enfin une pierre, une racine tortueuse, un plateau de schiste.
L’atelier du sculpteur n’est guère un lieu paisible. Le métal y subit une transformation. Tel un chirurgien plasticien Florent Poujade opère. Il transforme les difformités inutiles en pièces de toute beauté. Son œil touche, sa main saisit. Les outils entrent en action, les morceaux de matière se plient à la volonté du sculpteur. Il leur trouve des affinités inattendues, des formes inespérées, une âme nouvelle.
Détournées de leurs fonctions premières, taillées, soudées, entremêlées, elles se révèlent à nous. Dotées de leur forme nouvelle, les œuvres de Florent Poujade s’insèrent dans l’espace et ne le quittent plus.
Le mobilier sculpté de Florent Poujade
La beauté sauvage des œuvres de Florent Poujade réside dans l’originalité et dans l’exclusivité de chacune de ses créations, qui enferme en elle une étincelle, un éclat d’âme de ce créateur hors normes.
Des chaises, des tables, des bougeoirs, des miroirs, des animaux fantastiques. Tous, en métal froid en apparence, nous surprennent par la chaleur envahissante de leur présence charnelle. Fonctionnels, ils nous invitent avant tout à les regarder longuement, à les admirer.
Uniques, nés de l’intuition de leur créateur et du hasard de leur difformité première, les objets de Florent Poujade nous font quitter le monde ordinaire et nous invitent, avec ces formes palpitantes et si chaudes, dans l’univers onirique de la métamorphose.
A chaque fois la pièce est exceptionnelle. Son originalité est dictée par l’assemblage des morceaux singuliers, trouvés fortuitement mais assemblés et transformés grâce à son génie. C’est sa créativité spontanée qui permet la conversion des débris ordinaires en des objets d’art magiques."
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